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Flore et végétation
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• Les végétations climaciques

• Végétations azonales

• Parcs, jardins, alignements et espaces verts



Flore et végétation

Les grands types de végétation

Pelouse d'altitude
Garrigue à aphyllante
Lande à buis et genêt
Sous-bois
   Naturellement, pour décrire un paysage, nous utilisons les termes de prairie, lande, forêt. À cette perception visuelle correspond une réalité biologique.

   Pelouses et prairies

   Sur le plan physionomique, on qualifie de pelouse les formations plus ou moins ouvertes, peu élevées (20 à 30 cm de hauteur), installées sur des sols peu épais, pauvres en éléments nutritifs. Les prairies, elles, correspondent à un couvert dense, plus élevé (60 cm en moyenne), à sol profond, frais et riche en nutriments.
   Les graminées (poacées), sont les plantes les plus nombreuses et les plus diversifiées de ces milieux herbacés. Leur forte densité s'expliquerait par leur système racinaire performant, par leur grande capacité de prolifération, qui combine de façon très efficace la multiplication végétative et la reproduction sexuée, et par des stratégies de tolérance au pâturage développées au cours de l'évolution (Peeters, 2004).

   Selon leur évolution naturelle, on distingue deux grands types de milieux ouverts.

   Ceux, dits "primaires", qui restent stables dans le temps, des facteurs limitants, comme le vent, la sècheresse, la topographie accidentée, l'instabilité du substrat empêchant la maturation des sols et limitant la colonisation par les ligneux.
   Et les "secondaires", à sols mieux constitués, qui sont regagnés par les ligneux en l'absence d'intervention humaine (pâturage, fauche…).

   Garrigues et "landes"

   Ce sont des formations constituées essentiellement de ligneux bas, buissonnants ou arbustifs.

   Comme les pelouses, elles peuvent être primaires, si elles sont le terme de l'évolution naturelle du couvert végétal, ou secondaires si elles ne sont que transitoires ou artificiellement maintenues par les activités humaines.

   Dans le département, selon l'altitude, le climat et la nature du sol, se rencontrent trois grands types de fruticées (terme générique pour ces formations ligneuses basses) susceptibles de marquer les paysages .
- Les garrigues méditerranéennes.
- Les "landes" à genêt ou à buis, plutôt supraméditerranéennes et montagnardes.
- Les "landes" d'altitude qui marquent la transition entre la limite altitudinale de la forêt et les pelouses alpines.

   Forêts, bois et bosquets

   C'est, quand les conditions climatiques et pédologiques le permettent, le terme de l'évolution de la végétation. En l'absence d'intervention humaine, la forêt couvrirait plus de 80 % de la Provence.

   Selon l'altitude, on peut distinguer trois ensembles de boisements forestiers.
- Chênaies vertes et pinèdes d'Alep qui se développent sous le climat méditerranéen.
- Plusieurs formes de chênaies blanches et pinèdes sylvestres, formation dominante dans les Alpes-de-Haute-Provence, qui couvrent les collines et bas reliefs.
- Et des forêts de montagne, où l'on trouve d'autres pinèdes sylvestres, des hêtraies, sapinières, pessières et mélézins.

Étages de végétation et végétation azonale

   Les étages de végétation

   À la surface le la terre, les espèces végétales ne sont pas réparties au hasard mais regroupées en communautés adaptées aux conditions écologiques locales. Le climat est, le plus souvent, la condition la plus importante. D'une manière très générale, la température diminue (on admet classiquement un gradient moyen de 0,54 °C par tranche de 100 m d'altitude) et la pluviométrie augmente quand l'altitude s'accroît.
   Ce "filtre" pluviométrie/température, fonction de l'altitude, a conduit à distinguer six "étages de végétation", planitiaire, collinéen, montagnard, subalpin, alpin et nival.

   En Provence, les particularités du climat méditerranéen, sécheresse estivale marquée en particulier, modulent plus ou moins ce schéma général suivant l'exposition et la latitude des massifs.
   Sont alors distingués, selon l'importance de l'influence méditerranéenne :
- L'étage mésoméditerranéen en dessous de 500/600 m. C'est le domaine du chêne vert et du pin d'Alep dans ses formes matures.
- Les étages collinéen ou supraméditerranéen, suivant l'importance de l'impact du climat méditerranéen, entre ± 500 et 1000 m, où chênes blancs et pins sylvestres sont omniprésents.
- Les étages montagnard ou méditerranéo-montagnard, avec divers types de forêts et de pelouses de ±1000 à 1700 m.
- L'étage subalpin, que signale bien le mélèze même s'il n'est pas toujours la végétation dominante, entre ± 1700 et 2300 m.
- L'étage alpin qui offre un paysage de pelouses et rocailles (au moins de nos jours) à partir de 2200/2400 m.
- Et l'étage nival, au-dessus de 2800-3000 m, essentiellement minéral.

   En dehors de l'étage alpin, modelé et "entretenu" depuis des milliers d'années par la transhumance, la végétation dominante des autres étages, en l'absence d'aléa anthropique, est la forêt. Celle-ci est le terme d'une évolution naturelle qui voit se succéder trois stades : pelouse, fruticée (végétation ligneuse basse) et enfin boisement.
   Par exemple, à la suite d'un incendie ou quand une parcelle agricole est laissée à l'abandon, les premières années voient l'installation d'une pelouse accompagnée d'une diversité plus ou moins grande de plantes herbacées. Aux décennies suivantes s'installent des buissons et arbustes à l'abri desquels vont pousser les espèces qui formeront la forêt mature.
   Le schéma reste le même du méditerranéen au subalpin, seuls les cortèges floristiques diffèrent.

RÉGION MÉDIO-EUROPÉENNE
Étage Amplitude
3400 m dans les Alpes-de-Haute-Provence (pic de Chambeyron)
Nival 2000 m
2800 m
Alpin 500 m
2300 (2100-2400) m
Subalpin 700 m
1600 (1400-1700) m
Montagnard 800 m
800 (700-1000) m
Collinéen 500 m
300 (400) m
Planitiaire 200 m


RÉGION SOUS INFLUENCE MÉDITERRANÉENNE
Étage Amplitude
1700
Méditerranéo-montagnard 700 m
1000 (1200) m
Supraméditerranéen 500 m
500 (700) m
Mésoméditerranéen 500 m


En savoir plus sur la végétation des étages

   Les végétations azonales

   Si un facteur écologique particulier s'impose ou se rajoute aux conditions climatiques au point de modifier la flore susceptible de se développer, on qualifie la végétation dominante, définie par ce facteur particulier, "d'azonale".

   Dans notre département, ce sont par exemple :
- la végétation des parois et éboulis où le substrat, très contraignant, impose aux plantes qui veulent s'y implanter, des adaptations spécifiques.
- la végétation des zones humides. Dans les secteurs sous influence méditerranéenne, marquée par la sécheresse estivale, la présence permanente d'eau permet le développement d'une flore par ailleurs rare en Provence.
- les zones agricoles. L'élevage et l'agriculture modifient plus ou moins profondément les conditions locales. Des cortèges d'espèces particulières (messicoles, adventices, "refus", …) accompagnent les pratiques agricoles.
- les espaces urbanisés. L'artificialisation des sols et la modification de leur composition "écrèment" la végétation locale qui se trouve par contre enrichie par des espèces exotiques introduites, dont certaines peuvent se naturaliser.

En savoir plus les végétations azonales

La flore des Alpes-de-Haute-Provence

Les familles les plus représentées dans le département
La répartition des familles
   Conséquence de la diversité des milieux et des conditions climatiques qui les baignent, les Alpes-de-Haute-Provence présentent une grande richesse floristique.
   On admet classiquement qu'environ 4500 espèces de plantes vasculaires se rencontrent en France continentale. Ce sont plus de la moitié d'entre elles que l'on peut observer dans notre département. Environ 2450 espèces s'y trouvent naturellement, auxquelles on peut ajouter plus de 300 plantes naturalisées, cultivées ou adventices.
   Le département est alors, avec le Var et les Pyrénées-Orientales, mais derrière les Alpes-Maritimes (plus de 3000 espèces), un des départements continentaux au patrimoine floristique le plus conséquent.

   Ces espèces peuvent se répartir en quatre grands ensembles selon leur degré d'évolution.
   Les ptéridophytes sont des plantes primitives représentées par les fougères, les prêles et deux petites familles, Selaginellaceae et Lycopodiaceae, qui comprennent des plantes ressemblant à des mousses.
   Les gymnospermes regroupent les conifères, les genévriers et l'étrange famille des Ephedraceae.
   Au sein des angiospermes (plantes à fleurs), plus récentes et plus évoluées, sont distinguées, selon la présence d'une ou deux "feuilles" embryonnaires (cotylédons), les monocotylédones et les dicotylédones.

Ptéridophytes : fougères et plantes alliées
   Doradille, scolopendre, polypode… Au sens commun, les fougères sont des plantes se présentant comme une touffe de "feuilles" (les frondes) à la face inférieure desquelles se développent les sporanges, parties de l'appareil reproducteur. On y rattache les deux ou trois morphologies particulières des botryches et autres ophioglosses, qui ne présentent qu'une fronde ressemblant plus ou moins à une feuille et une hampe portant les organes reproducteurs.
   Les Equisetaceae (prêles) et les deux familles des Selaginellaceae et Lycopodiaceae complètent ce groupe.
   Dans les Alpes-de-Haute-Provence, sont avérées 46 espèces de ptéridophytes réparties dans 13 familles.

Gymnospermes : conifères, genévriers, éphèdres
   Les conifères (pins, sapin, épicéa, mélèze…) et les genévriers jouent un rôle prépondérant dans le département "marquant" des pans entiers de la végétation.
   18 espèces de gymnospermes se développent naturellement dans le département, réparties en 4 familles.

Monocotylédones
   Reconnaissables à leurs feuilles à nervures parallèles, on y trouve les grandes familles des graminées (Poaceae), laiches (Cyperaceae), orchidées (Orchidaceae), mais aussi de nombreuses plantes à bulbes (aulx, narcisses…) ou les joncs et luzules (Joncaceae).
   Les 524 espèces indigènes représentent 19 familles.

Dicotylédones
   Avec 1850 espèces autochtones (84 familles), elles réunissent la plus grande partie de la flore actuelle et celle qui présente la plus grande diversité morphologique.
   Les renonculacées, les rosacées ou les composées sont des dicotylédones, tout comme les plus étranges euphorbiacées, mais aussi tous les arbres feuillus ou encore les discrètes et aquatiques utriculaires.
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